FLASH-BACK SUR LES 100 ANS DU PUC

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Nous n'avons pu relater cet évènement, et pourtant, il l'aurait amplement mérité, mais les compétitions, et surtout ! le manque de temps, ont fait que celui-ci n'a pu être traité comme il aurait dû l'être.
Fanie vient de nous faire parvenir quelques photos de cette journée. C'est une occasion d'y revenir brièvement, en publiant un extrait du livre de Claude Louis Galien, sur l'histoire du Puc et du stade Charlety qui, pour tous les deux, est indissociable. 

Le PUC, un siècle de sport à Paris
 
Quand le 18 juillet 1938, porte de Gentilly, le recteur Roussy pose la première pierre du stade Sébastien Charléty, le PARIS UNIVERSITE CLUB est déjà un solide trentenaire.
 
En fait, tout a commencé au printemps 1906.
Le Paris Université Club voit le jour au Café Voltaire, place de l’Odéon et compte alors 55 membres qui portent Eugène Olivier – futur médaillé d’or à l’épée, aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908 - à sa présidence. Il est décidé que les couleurs seraient « le blanc avec col et parements violets ». Le tout jeune club est porté sur les fonds baptismaux par quelques parrains prestigieux : Charles Péguy, Jean Giraudoux, Henri Alain-Fournier, Louis Pergaud ou Pierre Mac Orlan… Certains de ces illustres pucmen devaient disparaître dans la tourmente de la Première Guerre.

Dans l’entre deux guerres, le PUC s’installe à la Porte Dorée, et sous l’impulsion de Jean Petitjean - athlète, rugbyman, water- poloïste et accessoirement… ingénieur chimiste – accueille en mai 1923, les 1er Jeux Mondiaux Universitaires : ainsi naissent les Universiades qui réuniront, tous les deux ans, plusieurs milliers d’étudiants dans une dizaine de disciplines sportives.
Reconnu d’utilité publique en 1924, le PUC s’installe, en 1937, sur un terrain vague de 4 hectares que la Ville de Paris lui concède, boulevard Kellermann, dans le 13ème arrondissement, tout à côté de la Cité Universitaire. Et les fêtards « boulemicheurs » du PUC se retrouveront désormais sur l’emplacement de l’ancien bastion 85 des célèbres « fortifs’», reconverti en stade grâce au recteur Sébastien Charléty. Le président Chailley- Bert devait obtenir du recteur Charléty qu’il consentît à donner son nom au stade qui allait naître le 18 juillet 1938...

Désormais le PUC et Charléty vivent une histoire commune, ponctuée d’événements prestigieux ou d’incidents ubuesques !
Le stade croît peu à peu. En 1942, la superficie du stade est portée à plus de 80 000 m² et en 1944, après que le stade Charléty – Porte de Gentilly – eut été la toute première parcelle de territoire parisien libérée par un détachement de la 2ème DB, l’Université de Paris confie au PUC la gestion du stade.
Progressivement quelques gradins de bois sont disposés autour de la pelouse et, grâce à l’ingéniosité du pucman-dentiste Guy Favaron, un baraquement hétéroclite fait office de …buvette. Les grandes heures du Club House de Charléty débutent dans une sorte d’abri de jardin ! Des vestiaires sont bientôt ajoutés aux installations sportives, un gymnase est aménagé sous les tribunes du terrain d’honneur, des courts de tennis sont construits, tandis que le Club-House s’inscrit dans le « dur », sous la forme d’un étrange blockhaus qui surplombe le terrain d’honneur. Enfin… l’entrée du stade est parée de deux groupes monumentaux, dus au sculpteur Gibert, les « Charlots » et les « Charlottes », dont les formes avantageuses rendent les Pucistes perplexes et goguenards !

De ces années 50 à l’an 89, le stade Charléty vit au rythme des événements qu’y concocte le PUC. Meetings d’athlétisme, tournois de tennis et de volley, rencontres de rugby et Tournoi de Rugby à 7, accueillent quelques très grands noms du monde sportif.

Souvenirs, souvenirs

Les années 60 sont marquées par les performances d’Alain Mimoun ou de Michel Jazy, qui bat le record du monde du 2000 mètres, tandis que les Pucistes eux-mêmes pulvérisent celui – tout à fait folklorique – du … 20 fois 200 mètres ! En 1965, devant 12 000 personnes, Jazy améliore le record d’Europe du 5 000 mètres et Piquemal, le record de France du 100 mètres. Les années qui suivent voient Bambuck, Clarke, Larrabee, Zsivotsky, Ter Ovanesian, Gammoudi, d’Encausse, l’Américain Carlos – l’un des héros des J.O de Mexico – ou le Russe Borzov briller à Charléty. Le 17 juillet 1980, le stade – et ses 8 000 spectateurs – chavire : José Marajo bat le record de France du 1000 mètres et le puciste Philippe Houvion, dans son propre stade, établit un nouveau record du monde de saut à la perche, en effaçant une barre à 5,77 m !

Et puis, parmi tant d’autres, il y a la grande année puciste, 1969 : les équipes de basket et de rugby sont championnes de France (D2), le volley masculin et féminin empoche le titre national en D1, imité par les filles du basket, championnes de France à leur tour ! L’athlétisme n’est pas en reste : aux championnats de France interclubs, les équipes féminine et masculine remportent le titre… Quant aux joueurs de baseball, ils ajoutent, cette même année 69, un nième titre à leur palmarès. Au mois de juin 1969, Charléty connaîtra une « nuit violette et… blanche », ancrée dans la mémoire puciste.

L’histoire du « premier » stade Charléty s’achève vingt ans plus tard. Fin 89, le stade est livré aux démolisseurs après que les pucmen eurent organisé un baroud d’honneur qui les mena, déguisés en Romains, entogés et encothurnés, du Quartier Latin à la Porte de Gentilly.
Au terme de trop longues années d’errance, les Pucistes d’aujourd’hui sont repartis à la reconquête du « nouveau Charléty », cette arène élégante que leur a conçue l’architecte Henri Gaudin. Réinstallé dans son stade légendaire depuis 1994, le PUC attend – avec une certaine impatience – d’y célébrer son ... centenaire !

L’histoire du PUC est un fragment précieux de l’histoire du sport français.
 
Source et remerciements : Claude-Louis Gallien – Charléty, mémoire d’un stade.
(Ed. Revue EPS, Paris, 1994.)



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