6h d'Ile de France vu par Thibaut (2ème solo)

Voilà le récit de Thibaut Dejean De La Batie qui a participé en solo aux 6 d'Iles de France qui ce sont déroulées dimanche dernier sur le circuit Carole:

Thibaut et les soloLes 6h de Carole en solo

Comme la plupart des autres patineurs de la catégorie individuelle, je suis ici d’abord pour prendre un certain nombre de repères en vue des 24 heures du Mans en solitaire. Je souhaite néanmoins tenir la vitesse moyenne la plus élevée possible, et minimiser les pauses.

Le début de la course se fait à très bon rythme : j’ai la chance de pouvoir patiner aux côtés du maître incontesté du patinage sur longue distance, Anthony Rondel*. Nous roulons à quasiment 30 km/h sur un revêtement abrasif humide, soit à peine moins vite que les équipes les plus rapides. Après avoir lâchés les relayeurs des première équipes, nous levons le pied jusqu’à nous faire reprendre par le peloton des individuels emmenés notament par Cofi (Yann Dujarrier) et Littel (Nicolas Grafeille).

Le rythme reste soutenu, et il faut croiser à chaque virage pour relancer. Mon cardiofréquencemètre dépasse souvent la barre des 90% de ma fréquence maximale. C’est trop rapide, mais je me dis que c’est rapide pour tout le monde. Cofi accélérant sur un relais, je le laisse un écart d’un quart de tour s’instaurer. Comme il l’avait prévu, il marque une pause à 2h de courses.

Le peloton des individuels est alors constitué par Anthony Rondel, Littel, Rphil (Philippe Coussy) et moi-même. Si la vitesse moyenne reste élevée, nous levons le pied à certains moments et accélérons à d’autres pour accrocher des pelotons. Nous prenons des relais équilibrés, y compris avec nombre de patineurs non individuels...

Progressivement, le peloton se réduit. Littel préfère en effet abandonner. Il en va de même pour Anthony Rondel, me semble-t-il parce que ses patins étaient trop neufs pour une longue distance sur un revêtement de surcroît abrasif. En ce qui me concerne, les premières crampes apparaissent aux 3 heures. J’essaie d’avoir un patinage plus souple et ne croise plus en virage. J’ai aussi trop chaud avec mon équipement censé me protéger de la pluie qui n’arrive pas. Je ne souhaite pas m’arrêter pour autant. Je roule donc avec Philippe et Cofi, qui est à nouveau parmi nous jusqu’à sa seconde pause des 4 heures.

Nous sommes alors 6é au classement général avec les équipes. XSFred me ravitaille très régulièrement et mes camarades violets s’assurent que je ne manque de rien. Philippe affiche une fraîcheur impressionnante. Il relance « là ou ça fait mal », n’hésite pas à accélérer pour prendre l’aspiration de d’autres patineurs. A chaque fois cela me procure des crampes, mais il n’est pas question de le lâcher. Son aisance à ce niveau là de la course m’étonne : n’ayant pas d’assistant, il s’arrête pour se ravitailler et accélère aussitôt pour me rattraper !

Je tente de faire passer les crampes, mais les accélérations de Philippe ne me laissent aucun répit. Après un peu plus de 5 heures de courses, il prend enfin le large au terme d’une accélération brutale pour accrocher un peloton. Voyant l’écart se creuser, je m’oblige à ne pas faiblir pour ne pas me faire prendre un tour.

Thibaut sur la 2ème marche du podium des solo La fin de la course est donc très dure. Je franchis la ligne en seconde position du classement individuel, dans le même tour que Philippe et avec quelques tours d’avance sur Cofi. Il me semble que nous avons parcouru un peu plus de 160 km, donc à un peu moins de 27 km/h de moyenne.

Je remercie XSFred de m’avoir permis de ne jamais m’arrêter, et tous ceux qui m’ont encouragé, notament les Pucistes. Merci également à tous les patineurs qu’y m’ont fait profiter de leur aspi. Enfin, je voudrais remercier Rphil dont la combativité et la ténacité m’ont poussé à aller jusqu’au bout de moi-même.

 

*Anthony Rondel détient le record du monde des 24 heures, sa performance de 525 km ayant été réalisée sans lièvre, ainsi que d’autres records comme celui des 1000 km.