Marathon de Berlin...Quand on aime, on ne compte pas!

 

Avec cette année une météo parfaite, tant pour le roller que pour la course à pied, et toujours avec une foule de spectateurs impressionnante tout au long du parcours, le marathon de Berlin méritait plus que jamais sa réputation. Et pour le plus beau et au plus rapide des marathons au monde, on ne compte plus le nombre de PUCistes venus participer à cette grande messe du roller (plus de 6000 patineurs au départ). Messe du roller, mais aussi de la course à pied, avec, dans la longue liste des participants, quelques "fous" ayant décidé de ne pas compter les kilomètres et de courir les deux épreuves.

Berlin_2011

Retour rapide sur ce week-end particulièrement apprécié par de plus en plus de violettes, non seulement pour le côté sportif, mais aussi pour l'ambiance et la ville de Berlin elle même. Retour rapide aussi sur les performances de chacun, de plus en plus impressionnantes, mais aussi sur les deux courses de nos deux "grands malades", Antoine et Chrystelle, qui se sont fait doublement plaisir...et avec la manière!

 

 

Tout d'abord, quelques résultats du marathon roller :

 

Ewen FERNANDEZ 01:01:26 / 1erMarc_katia
Roger SCHNEIDER 01:02:38 / 2ème
Julien LEVRARD 01:02:43 / 3ème

Antoine Lesavre : 1 :07 :33

Alexandre Donzel : 1 :13 :10

Anthony Corman : 1 :13 :11

Alexandre Ortiz : 1 :19 :20

Frédéric Large : 1 :20 :21

Katia Mitchenko : 1 :21 :45

Heiner Mäder : 1 :22 :00

Etienne Busson : 1 :22 :07

Stéphane Kerbrat : 1 :24 :43

Richard Delanglez : 1 :25 :00

Olivier Bonheur : 1 :26 :33

Chrystelle Lambert :1 :29 :54

Stéphane Puybareau : 1 :30 :30

Marc Perrin : 1 :31 :23

Anne Guérin : 1 :34 :47

Brigitte Féraud : 1 :43 :25

Claude Couillec :1 :45 :09

 Alexandra Jolivet :1 :57 :54

Inline skaters win the double starter category

C'est inhabituel, certes, mais pour une fois nous allons parler de course à pied sur ce site. Le marathon de Berlin est en effet, à ma connaissance, la seule épreuve au monde permettant de s'aligner à la fois sur une épreuve roller le samedi après midi, mais aussi sur la course à pied le dimanche matin. Bref, un double starter. Et comme, vous les connaissez, Antoine et Chrystelle ne font jamais les choses à moitié, ils ont décidé de relever le défi. Et, comme je me répète à vous le dire, ils ont encore une fois tout raflé, c'est une habitude: Antoine remporte le classement double starter chez les hommes, Chrystelle monte sur la 3e marche de ce classement chez les filles.

 

"Same as last year, the way to place well in the double starter category is by putting in a good inline marathon. It is apparently easier for fast inline skaters to run a good marathon. The technical requirements for inline skating, on the other hand, make it more difficult for the strong runners to adapt to the other sport. 184 athletes participated in this category this year. The winners were Cornelia Käser (1:13:31/3:29:30 h) from Switzerland and Antoine Lesavre (1:07:33/2:58:42 h) from France. The best German double starters were Ulla Hingst and Peter Kirbach, who both followed in second place. Cornelia Käser also had the two top times of all of the double starters in both individual races. The fastest marathon runner who competed in both events was Martin Mettler (Switzerland), who placed fourth, in 2:42:40 h."

 

Le marathon à pied vu par Chrystelle :

 

Dimanche 25 septembre, 06h45, réveil dur, dur, petit déjeuner avalé, glucides stockés, on est prêt pour courir vers l’inconnu!!!

Arrivés au bloc des départs, les gens défilent devant nous, on se met directement en mode course et on part sans se poser de questions, Antoine part devant, (je ne le reverrai qu'allonger dans l'herbe quelques heures plus tard). Les premiers kilomètres sont difficiles à gérer : l’allure est ralentie par des milliers de personnes autour de moi, j'essaye tant bien que mal de me faufiler à travers la masse pour accélérer la cadence. Après 5 kilomètres, les gens sont toujours aussi nombreux, le chaos s’amplifie : des milliers de gobelets jonchent sur le sol, les gens déboîtent en direction des ravitaillements…

Après 10 kilomètres, la masse se dissipe peu à peu, j’arrive à trouver mon rythme, ça y est la course peut commencer sauf que j’ai 5 minutes de retard par rapport à mon temps de référence, aïe, aïe, aïe, ça va être très dur de redresser la barre. Je ne me décourage pas, il reste 32 kilomètres, c’est encore jouable pour rattraper le temps perdu !!! Mais je n’avais pas prévu le contre coup des efforts du marathon roller de la veille… au kilomètre 20, j’ai eu de grosses douleurs dans le haut des cuisses et elles ne m’ont plus quittées … pas très sympa quand même ! Vous imaginez la suite, impossible d’accélérer même si mon cardio était bas, mon mental a fait le reste ; j’ai tenté quelques accélérations tout au long de la course mais ça n’a pas été payant. Il y a eu des moments difficiles mais je me suis raccrochée à des bons souvenirs, je me suis mis dans ma bulle et c'est passé. Je me suis surprise par moment à chanter, à rire et même à pleurer. C’est impressionnant les sensations qu’on peut éprouver quand on souffre. J’ai eu des hauts et des bas pendant la course mais pas « le mur des 30-35 kms», que beaucoup de monde redoute.

La fatigue est venue progressivement ; la fin de course a été très dure à gérer. J’ai ressenti une immense force lorsque j’ai entendu les encouragements d’Anthony au 39 ème kilomètre, puis Brigitte et Heiner que j’ai vu courir à mes côtés ! Mais cette motivation est très vite retombée et les deux derniers kilomètres de courses ont été interminables malgré la vision de la porte de Brandebourg au loin. L’arrivée est tout de même magique, rien que pour cela, il faut le tenter ! Maintenant, quel sera le prochain objectif ??? …..

Ah oui, j’oubliais : j’ai couru 03h41

Happy end!

Voici ce qu'Antoine appelle un "petit week-end tranquille"!

« You did it ! You did it ! »

Voilà ce que l’on pouvait entendre après avoir été gratifié d’une médaille avec un sourire complice par un bénévole. Cela signifiait l’aboutissement de plusieurs semaines voir de plusieurs mois de préparation, de doute et parfois de souffrance. Difficile dans ces conditions si magiques de se retenir de fondre en sanglot comme un môme de 10 ans. On est venu pour ca, et rien ni personne ne pourra nous enlever la sensation d’accomplissement et de plénitude de ce moment.

Mais l’histoire a commencé bien en amont.

Suite à un hiver maussade où les sorties roller se faisaient rare, nous avons décidé de courir la course de la ville : le 10km de la corrida d’Issy les Moulineaux. Voulant bien faire nous avons commencé à courir régulièrement pour être un minimum préparé… Mais sans être cadré par un entrainement préalable sérieux et des conseils judicieux, la course s’est avéré être une contre-performance, du moins pour Antoine avec le même temps que l’année précédant avec une préparation inférieure.Tonyo1

Rien de tel qu’une déception pour se ressaisir et se relancer de plus belle. Les inscriptions et l’organisation (avion, hébergement) pour le Marathon roller de Berlin se déroulaient dans cette période… Vous imaginez la suite…

- « Chrys, pour 30 euros de plus on peut faire les deux »
- « T’es malade ? »
- « Oui, mais toi aussi »


Nous voilà partis alors partis dans l’aventure « marathon à pied » : Achat de magazines spécialisés, de matériel de running, de documentation, inscriptions sur des courses intermédiaires, recherche de plan d’entrainement,…

Très vite, grâce à notre lecture de chevet, on a pu définir nos objectifs en partant de la règle : temps du semi + 15min. soit 3h30 pour Chrys et 3h pour Tonyo. Suivra un plan d’entrainement issu d’un magazine sur 10 semaines. Séance VMA (puissance et vitesse max) sur piste, Séance seuil (allure Marathon) et sortie longue était le menu de la semaine. A cela s’ajoute les quelques entrainements roller. Pour organiser tout cela et garder une motivation, nous avons créé un Blog de suivi des séances. (tonyo.fr) Distances, plan d’entrainement, poids, tout pour savoir où l’on en était.

Durant ces 10 semaines, nous avons traversé des périodes d’euphorie quand les séances semblaient faciles, et inversement de doute et de remise en question quand les séances étaient trop dures.
Par plusieurs fois nous avons douté des objectifs de temps que nous nous étions fixés. Une contracture de sur-sollicitation de la cuisse à deux semaines pour Tonyo ne laissait rien présager de bon…

Finalement le séjour à Berlin est bien vite arrivé. On avait suivi le plan d'entrainement à la lettre, dont la période de repos donc on n'avait rien à se reprocher du côté de la préparation. Maintenant c'était l'épreuve du feu... ça va le faire?

Nous étions plus impatients de faire l’épreuve de course à pied que le roller, imaginer se retrouver incapable de terminer à cause d’une chute nous hantait.
- « Plus vite le Marathon roller sera fini, plus vite on sera débarrassé et soulagé. »


Pour le Marathon roller, l'organisation n'avait pas pris en compte les temps indiqués lors de l'inscription. Il a fallu négocier pour se faire reclasser dans un groupe qui correspondait plus à son niveau. Ce ne fut pas facile car nous n'avions aucun justificatif mais finalement en répondant à quelques questions sur mes performances récentes (Pontarlier,...) J'ai obtenu le graal: Un petit autocollant avec la lettre du sas « A » à apposer sur le dossard .
Je n'avais pas complètement réalisé que les coureurs du groupe « A » était en grande majorité des élites de différents pays. C'est avec la peur de se faire lâcher dans les premières centaines de mètres que je me suis placé dans le premier sas contenant environ 170 patineurs.

Comme attendu la course est partie très rapidement, et à ma grande surprise, le niveau était globalement homogène, ce qui eu pour effet de créer plusieurs pelotons compacts de front. Par moment jusqu'à cinq ! Autant dire que dans ces moments là, la concentration était de mise. Mon appréhension de me faire mal sur l'épreuve roller était d’autant plus grande avec le risque de ne pas être en mesure de faire la course à pied le lendemain. Je ne suis pas passé loin de la chute pas plusieurs fois, mais ouf! Je suis resté debout. Au fur et à mesure que la course avançait, le peloton perdait des unités. Les jambes commençaient à piquer. Surpris un instant, je n'ai pas comblé assez rapidement un trou entre le patineur qui me précédait sur le peloton et finalement c'est à la mi-course que je me suis à mon tour fait détacher. Nous avons essayé avec ce même patineur de revenir mais c'était trop tard. Nous avons préféré nous relever et attendre quelques patineurs qui, comme nous, étaient en chasse patate. La course a alors changé de physionomie, notre petit peloton de dix a du s'organiser au niveau des relais. Le classement m'importait moins que le chrono pour le temps cumulé roller/cap. Donc, j’ai été généreux dans mes relais pour éviter de perdre trop de temps derrière des patineurs qui se regardaient pour le sprint. Je passe finalement la ligne en en 1h07 heureux d'en finir indemne, je me sens bien, pas de douleur particulière.

La Soirée a été consacrée à la récupération : du sommeil, des glucides, … Pourtant l’envie était grande d’aller fêter la fin de l’épreuve roller avec tout le monde.
- « Cela serait trop bête de tout faire foirer la veille ! »
Alors on résiste et on se dit qu’on se vengera doublement de toutes les privations après le Marathon à pied.

Le lendemain, le petit déjeuner de pâtes à 7h est difficile à avaler. Mais la motivation est présente d’aller enfin se confronter pour la première fois à une telle épreuve. Rebelote, comme la veille, le métro nous amène à la gare centrale de Berlin. Pensant que le Marathon partait à 9h30, nous sommes détendus et nous accédons à la ligne de départ vers 9h10. Erreur ! Le marathon est déjà parti depuis 10minutes… On part alors immédiatement sans temps mort avec des coureurs ayant une vitesse bien moindre, cela aura un effet positif de canalisation de ma vitesse sur les premiers kilomètres mais pour Chrys cela s’est avéré négatif car le zigzag entre les gens consomme de l’énergie et procure de l’agacement.

Les kilomètres s’enchainent. Sur les dix premiers, le rythme est limité par le trafic procuré par la densité des coureurs. Je ne fais pas plus de mon allure marathon. Ce n’est qu’après et jusqu’au semi que je récupère de précieuses secondes, je passe la mi-course avec près de deux minutes d’avance. Tout semble réuni pour terminer dans les temps. Du 21 au 30ième kilomètre, je maintiens voir même gagne encore quelques secondes. Je commence à voir le bout en pensant « plus que 10 kilomètres ». Je me sens bien je suis dans un état d’euphorie, je tape même dans les mains des enfants qui nous soutiennent. Je sens la pression qui se relâche.

Mais ce relâchement ira jusqu'au craquage littéral. Je ne me contrôle plus, et l’accumulation d’émotion éclate sous forme de sanglots. Un mélange de joie et d’épuisement. Je ne vois plus rien derrière mes lunettes de soleil, ma respiration devient asthmatique. Qu’est-ce qui m’arrive ? Je ne me reconnais pas, j’ai honte, je n’ai qu’une envie c’est d’évacuer et de me laisser aller, mais comme cela m’empêche de continuer à courir. Je me ressaisis, je ralentis un peu, bois une gorgée et respire un grand coup en reprenant mes esprits.

Les dix derniers kilomètres sont interminables, ma vitesse devient alors de plus en plus lente, je me rends compte que je commence à grappiller sur mes secondes d’avance. Voulant garder cette avance, je force l’allure, mais l’effet est inverse, cela me fatigue plus vite et ma vitesse chute. L’épreuve roller de la veille a laissé des traces. Je suis à 1km/h en dessous de mon objectif, et pourtant il ne reste que quatre kilomètres. Je sens que je cours comme un robot, je ne suis plus capable d’accélérer, je suis à la limite de me mettre à marcher. Je me fais violence, je compte la distance qu’il reste en tours de Longchamp. « Plus qu’un ! » Je me rends compte que beaucoup de coureurs me doublent maintenant, je perds énormément de temps. Enfin comme une délivrance, la porte de Brandebourg apparaît au bout du boulevard tel un mirage dans un désert. Je sais qu’il reste alors 1195 m à parcourir. Je lorgne sur ma montre, c’est encore jouable. Je sers les dents, les jambes sont tellement endolories et dures qu’elles me semblent être en bois. Je ne craque pas, je passe la ligne avec à peine une minute de marge sur mon objectif.

HEUREUX !